Pie Fleury Irankeje, étudiant au SPIBES, publie une note d’orientation sur le déclin des espèces de palmiers dans le parc national de Rusizi, au Burundi

Nous avons le plaisir de vous présenter une note d’orientation rédigée par Pie Fleury Irankeje, étudiant actuellement inscrit au programme SPIBES Afrique de l’Est. Intitulée Équilibre entre conservation et exploitation : évaluation de la durabilité de l’Hyphaene petersiana (Umukoko) dans le parc national de Rusizi et sa zone tampon sud, au Burundi, cette note a été rédigée dans le cadre de ses recherches de master et reflète ses propres conclusions et recommandations.

À propos de la note

Le parc national de Rusizi, situé dans l’ouest du Burundi, est l’une des zones protégées les plus importantes du pays sur le plan écologique, abritant une mosaïque unique d’écosystèmes de zones humides et de savane. Parmi ses espèces les plus précieuses figure Hyphaene petersiana, connue localement sous le nom d’Umukoko — une espèce de palmier profondément ancrée dans les moyens de subsistance des communautés environnantes, utilisée dans la construction, la pêche, l’artisanat, comme combustible de cuisson et pour la fabrication d’objets artisanaux générateurs de revenus. Malgré son importance écologique et socio-économique, une exploitation non durable et des pressions croissantes sur l’utilisation des terres ont entraîné des baisses mesurables tant au niveau des taux de régénération que de la densité des peuplements.

Principales conclusions

Les recherches de Pie Fleury ont combiné des données de terrain provenant de 60 parcelles d’échantillonnage avec 150 entretiens menés auprès de ménages à travers les 6 647 ha du parc. Ses conclusions brossent un tableau inquiétant d’une espèce en déclin. Les individus matures dominent la structure de la population, représentant 86,1 % au sein du parc et 90,1 % dans la zone tampon sud, avec une absence frappante de cohortes plus jeunes, signe d’un échec significatif de la régénération naturelle. Une écrasante majorité de 93 % des personnes interrogées a signalé que les populations d’Umukoko sont en déclin. La faiblesse de la gouvernance en matière de biodiversité est apparue comme une menace fondamentale, les lois de conservation existantes étant régulièrement ignorées — y compris par les autorités —, ce qui érode l’État de droit et encourage un non-respect généralisé au sein des communautés locales.

Recommandations

Sur la base de ses conclusions, Pie Fleury préconise la réintroduction de prédateurs apicaux tels que les lions comme moyen de dissuasion naturel contre les entrées non autorisées dans le parc, la restauration de la faune dispersant les graines, notamment les éléphants, pour favoriser la régénération forestière, ainsi qu’une application de la loi plus stricte et plus impartiale. Il recommande également de s’attaquer au chômage des jeunes, qui est l’un des principaux facteurs à l’origine de l’exploitation illégale des ressources, et de développer des modèles de gestion durable structurés pour les produits forestiers ligneux et non ligneux qui tiennent compte des besoins de subsistance des communautés tout en maintenant l’exploitation dans des limites écologiquement viables.

Vous pouvez télécharger l’intégralité de la note d’orientation de Pie Fleury ci-dessous (en anglais uniquement) :

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