Nous avons le plaisir de vous présenter une note d’orientation rédigée par Antoinette Emeldah Moleele, actuellement étudiante au sein du programme SPIBES Afrique de l’Est. Intitulée « Exploiter le lien entre biodiversité et climat pour renforcer les politiques de conservation et la prise de décision au Botswana : le cas de la réserve naturelle de Mokolodi (MNR) », cette note a été rédigée dans le cadre de ses recherches de master et présente ses propres conclusions et recommandations.
À propos de la note
Le Botswana abrite une biodiversité exceptionnelle — du delta de l’Okavango, site Ramsar et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, au désert du Kalahari, qui abrite l’une des plus grandes populations d’éléphants au monde. Pourtant, le changement climatique représente une menace croissante pour cette richesse naturelle, les projections indiquant un climat plus chaud et plus sec en Afrique australe ainsi qu’une intensification des pressions sur les écosystèmes, l’utilisation des terres et les moyens de subsistance. La mise en œuvre insuffisante des politiques a rendu les écosystèmes du Botswana de plus en plus vulnérables, les pressions environnementales se répercutant sur l’agriculture, la santé, les finances et la gouvernance locale. La note d’Antoinette applique le cadre de l’interaction entre biodiversité et climat à la réserve naturelle de Mokolodi afin d’examiner ces interconnexions et d’identifier des voies vers des réponses politiques plus intégrées et plus efficaces.
Principales conclusions
Les recherches d’Antoinette ont combiné des entretiens avec 20 experts issus des secteurs de l’agriculture, de l’environnement, de l’énergie, des collectivités locales et de la jeunesse, un atelier de réflexion prospective réunissant 40 parties prenantes, ainsi qu’une analyse sur 30 ans des changements d’utilisation des sols et de la couverture végétale dans la réserve, de 1995 à 2025. Les participants ont rapporté ressentir les effets des interactions entre biodiversité et climat dans leur vie quotidienne, notamment une augmentation des conflits entre la faune sauvage et le bétail due à la pénurie d’eau, ainsi que le déclin des espèces endémiques d’arbres fruitiers et d’oiseaux. L’analyse de l’utilisation des sols a révélé une augmentation préoccupante d’espèces ligneuses envahissantes telles que Vachellia tortilis et Dichrostachys cinerea, qui entrent en concurrence avec les arbustes et la végétation indigènes. Parmi les quatre scénarios d’avenir élaborés lors de l’atelier — statu quo, optimisme économique, optimisme environnemental et réforme politique —, le scénario d’optimisme environnemental s’est imposé comme la voie la plus prometteuse pour un développement durable à long terme.
Recommandations
Sur la base de ses conclusions, Antoinette préconise l’intégration du modèle de lien entre biodiversité et climat dans les processus de planification des politiques nationales et sectorielles, ainsi que l’élaboration, à tous les niveaux de gouvernement, de stratégies de mise en œuvre concrètes assorties de calendriers clairs et d’objectifs mesurables. Elle recommande la participation obligatoire et inclusive des parties prenantes à la conception et à la révision des politiques, un renforcement de l’application de la loi avec des conséquences claires en cas de non-respect, des cadres de suivi solides et l’intégration de pratiques agroécologiques dans la planification agricole afin de promouvoir des systèmes alimentaires résilients au changement climatique et favorables à la biodiversité.
Vous pouvez télécharger la note d’orientation complète d’Antoinette ci-dessous (en anglais uniquement) :































