Nous avons le plaisir de vous présenter une note d’orientation rédigée par Nthiwa Christbell Ndunge, actuellement étudiante au sein du programme SPIBES Afrique de l’Est. Intitulée « Restauration des pâturages : évaluation de l’efficacité de la régénération naturelle assistée (ANR) pour la lutte contre l’espèce envahissante Opuntia stricta et perception de la communauté dans la réserve communautaire de Maiyanat, au Kenya », cette note a été rédigée dans le cadre de ses recherches de master et reflète ses propres conclusions et recommandations.
À propos de la note
Les pâturages du comté de Laikipia sont essentiels à la subsistance de la communauté autochtone Maa du Kenya, dont le pastoralisme dépend d’écosystèmes de prairies sains. Depuis son introduction dans les années 1950, le cactus envahissant Opuntia stricta s’est propagé de manière agressive à travers le paysage, réduisant les terres de pâturage, supplantant la végétation indigène, blessant le bétail et entraînant une perte de biodiversité. Malgré les efforts de lutte en cours, la gestion actuelle s’appuie sur des politiques nationales générales qui ne traitent pas spécifiquement de cette espèce. La note de Nthiwa évalue l’efficacité de la régénération naturelle assistée — l’élimination d’O. stricta pour accélérer la régénération naturelle — en tant qu’intervention ciblée, et explore les points de vue de la communauté sur les options de gestion.
Principales conclusions
Les recherches de Nthiwa ont comparé 50 sites restaurés et 50 sites non restaurés sur 100 parcelles écologiques imbriquées, en combinaison avec 40 entretiens auprès de ménages et trois discussions de groupe. Les résultats sont encourageants : les sites restaurés ont enregistré une richesse en espèces végétales supérieure de 36,8 % à celle des sites non restaurés, démontrant que la RNA est une approche efficace pour la restauration des pâturages. Les consultations communautaires ont également mis en évidence le fort potentiel de transformation d’O. stricta en ressource économique : l’alimentation animale à base de lisier était le traitement le plus apprécié par les animaux, et la transformation de la biomasse en biogaz s’est avérée produire suffisamment de gaz de cuisson pour un ménage pendant une semaine à partir d’un seul seau de lisier. Les parties prenantes ont également signalé une lacune politique importante, notant qu’il n’existe actuellement aucun cadre de gestion spécifique à l’espèce pour O. stricta, ce qui limite l’efficacité des efforts de lutte.
Le rapport émet également une mise en garde concernant la promotion croissante de l’herbe Juncao dans certaines régions du Kenya, soulignant la nécessité de réaliser des évaluations écologiques localisées avant l’introduction à grande échelle de toute nouvelle espèce — en s’inspirant directement des leçons tirées de l’invasion d’O. stricta.
Recommandations
Sur la base de ses conclusions, Nthiwa préconise une stratégie nationale de gestion d’O. stricta qui formalise la coordination entre les parties prenantes et fournisse un cadre clair pour la lutte et la gestion à long terme. Elle recommande de développer les chaînes de valeur — notamment les biocarburants, le jus de cactus et l’alimentation animale — afin de transformer cette espèce envahissante en une ressource économique. Elle préconise également une surveillance et une cartographie des zones sensibles menées par les comtés, des mesures de biosécurité plus strictes pour empêcher toute propagation supplémentaire, ainsi qu’un financement dédié aux méthodes de lutte durables, accompagné d’évaluations complètes de l’impact environnemental et carbone.
Vous pouvez télécharger la note d’orientation complète de Nthiwa ci-dessous (en anglais uniquement) :































